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Rupture conventionnelle en 2026 : procédure et calcul de l’indemnité
La rupture conventionnelle s’est imposée comme le mode de rupture amiable privilégié entre employeur et salarié en CDI. Encadrée par le Code du travail, elle permet de sécuriser la fin du contrat tout en ouvrant droit, pour le salarié, aux allocations chômage.
Si la procédure paraît simple, elle obéit à des règles strictes dont le non-respect peut entraîner la nullité de la rupture.
Qu’est-ce qu’une rupture conventionnelle ?
La rupture conventionnelle, prévue aux articles L1237-11 et suivants du Code du travail, est un mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée reposant sur un accord commun entre l’employeur et le salarié.
Elle se distingue :
de la démission (initiative du salarié)
du licenciement (initiative de l’employeur)
Points essentiels
réservée exclusivement aux CDI
suppose un consentement libre et éclairé des deux parties
nécessite une homologation administrative
ouvre droit aux allocations chômage
L’autorité compétente est la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités)
La procédure à respecter
1. Entretien préalable
Au moins un entretien est obligatoire.
Le salarié peut se faire assister :
par un salarié de l’entreprise
ou par un conseiller extérieur inscrit sur une liste officielle
2. Signature de la convention
La convention de rupture formalise l’accord (formulaire Cerfa).
Elle doit notamment préciser :
la date de rupture
le montant de l’indemnité
3. Délai de rétractation
Chaque partie dispose d’un délai de 15 jours calendaires pour se rétracter (art. L1237-13).
4. Demande d’homologation
À l’issue du délai de rétractation, la convention est transmise à la DREETS.
5. Homologation
L’administration dispose de 15 jours ouvrables pour se prononcer.
L’absence de réponse vaut homologation tacite.
Délai global
En pratique, il faut compter environ 1 mois minimum entre la signature et la rupture effective.
Calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle
L’indemnité spécifique ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement (art. L1237-13).
Montant minimum
Moins de 10 ans d’ancienneté→ 1/4 de mois de salaire par année
À partir de 10 ans→ 1/4 de mois pour les 10 premières années→ + 1/3 de mois au-delà
Salaire de référence
Le plus favorable entre :
la moyenne des 12 derniers mois
la moyenne des 3 derniers mois (primes incluses au prorata)
Exemple
Un salarié ayant 8 ans d’ancienneté, un salaire moyen de 2 500 € percevra au minimum :8 × (2 500 / 4) = 5 000 € brut
⚠️ AttentionLa convention collective peut prévoir une indemnité plus favorable.
Les points de vigilance
Pour les salariés
ne pas signer sous pression (risque de nullité)
vérifier le calcul de l’indemnité
anticiper la clause de non-concurrence (qui continue à s’appliquer sauf renonciation)
Pour les employeurs
respecter strictement la procédure
garantir un consentement libre
conserver des éléments prouvant la réalité des échanges
En cas d’irrégularité, la rupture peut être requalifiée (notamment en licenciement sans cause réelle et sérieuse).
Situations particulières
Rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie
Elle est possible, y compris en cas :
d’accident du travail
de maladie professionnelle
À condition que le consentement soit libre et non vicié.
Refus d’homologation
En cas de refus par la DREETS :
la rupture est sans effet
le contrat se poursuit
une nouvelle procédure peut être engagée
Régime fiscal et social
L’indemnité de rupture conventionnelle bénéficie, sous conditions, du régime applicable aux indemnités de licenciement.
Elle peut être exonérée d’impôt sur le revenu dans certaines limites, notamment en fonction du plafond annuel de la sécurité sociale.
QUESTIONS FREQUENTES
Peut-on conclure une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?
Oui. La jurisprudence admet la conclusion d’une rupture conventionnelle pendant un arrêt de travail, y compris en cas :
d’accident du travail
ou de maladie professionnelle
Toutefois, la validité de la rupture suppose que le consentement du salarié soit libre et éclairé.En pratique, toute situation de pression, de harcèlement ou de contexte conflictuel peut entraîner la nullité de la convention.
L’indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?
L’indemnité de rupture conventionnelle bénéficie du régime fiscal applicable aux indemnités de licenciement.
Elle est exonérée d’impôt sur le revenu dans certaines limites, notamment :
dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS)
ou du montant le plus élevé entre :
la rémunération brute annuelle perçue l’année précédente
ou le double de cette rémunération
Au-delà de ces seuils, la fraction excédentaire est imposable.
Que se passe-t-il en cas de refus d’homologation par la DREETS ?
En cas de refus par laDREETS :
la rupture conventionnelle est sans effet
le contrat de travail se poursuit dans les conditions initiales
les parties peuvent engager une nouvelle procédure en corrigeant les irrégularités relevées
Le refus est généralement motivé par :
un défaut de procédure
une indemnité insuffisante
ou un doute sur la réalité du consentement
La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au chômage ?
Oui. La rupture conventionnelle permet au salarié de bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sous réserve de remplir les conditions d’affiliation fixées par France Travail.
Attention toutefois :
un délai de carence peut s’appliquer
ce délai dépend :
de l’indemnité versée (part supra-légale)
des congés payés non pris
et du différé d’indemnisation spécifique
En pratique, le versement des allocations n’est donc pas immédiat.
Une rupture conventionnelle peut-elle être refusée ?
Oui. La rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel.
Cela signifie que :
l’employeur peut refuser
le salarié peut refuser
aucune des parties ne peut l’imposer à l’autre
En cas de refus :
le contrat de travail se poursuit normalement
les parties peuvent :
renégocier
ou envisager un autre mode de rupture (démission, licenciement)
